Les Chroniques

HENRI POURRAT IRENE WEISS

HENRI POURRAT SPECTACLES ET EXPOSITION

 

Vues d’Auvergne Bourbonnais Velay

Vues d’Auvergne est une série d’émissions thématiques dédiées à la région Auvergne. Mêlant vues aériennes et interviews menées par le journaliste Marc-Alexis Roquejoffre, chaque département est mis à l’honneur lors des différentes saisons.

#Salers Partez à la découverte de Salers, avec la jolie vidéo…

le puy en Velay

La Bourboule avec Vues d’Auvergne

La cathédrale de Clermont Ferrand

Vues d’Auvergne – La taillerie de Royat

Vues d’Auvergne – Le Viaduc de Garabit

Vues d’Auvergne – La Chaine Des Puys

Vues d’Auvergne – La Fôret de Tronçais

Vues d’Auvergne – Châtel Guyon

Vues d’Auvergne – La Chaise Dieu

Vues d’Auvergne – Vichy l’eau thermale

Vues d’Auvergne – Blavezy L’eau utile et protégée

Vues d’Auvergne – Le château de Bostz

Vues d’Auvergne – Les pistes Michelin et les sites de…

 

 

NOTRE DAME DE PARIS

EXTRAIT DU SITE ALETEIA

Le Père Guillaume de Menthière  ( né à Poitiers, dans une famille d’ancienne bourgeoisie originaire d’Auvergne ) ,  est prêtre du diocèse de Paris, ordonné à Notre Dame de Paris en 1991. Professeur aux Bernardins et auteur de nombreux ouvrages, il prêchait cette année les conférences de Carême dans le coeur même de Notre Dame de Paris. Il était donc sur place la veille du drame et relate dans ce texte, écrit au beau milieu de la nuit, son sentiment après le choc initial.

Nuit de feu

Cette nuit n’était pas faite pour dormir. A la vue de Notre-Dame en flammes, l’émotion était trop forte, la tristesse trop intense, la prière trop nécessaire. Et dire que j’étais encore la veille prêchant sous ces voûtes millénaires où je fus ordonné il y a bientôt trente ans ! Je ne puis vous exprimer la peine qui me gagne à la pensée de cet écrin de tant de nos souvenirs heureux disparu en fumée…

Vous avouerais-je pourtant qu’à la consternation a très vite fait place en moi une sorte de reconnaissance subjuguée ? Des propos que j’avais toujours désiré entendre ont semblé jaillir comme par miracle de ce funeste évènement. Au cours de ces heures angoissées, il m’a semblé, en effet, sentir le vieux coq Gaulois se réveiller de sa torpeur.

Que de magnifiques paroles unanimes les médias n’ont-ils pas relayées de manière persistante et ininterrompue ! De la part de touristes, de badauds, de journalistes, d’hommes politiques, d’ecclésiastiques, d’esthètes, de pompiers,… Des gens de tous âges, de toutes conditions, de toutes origines et de toutes croyances… Une mystérieuse communion semblait régner enfin sur ce peuple de France dont les mois écoulés avaient si tristement montré au monde le morcellement et les fractures. Cette unité qu’un message présidentiel, prévu le même soir, n’aurait probablement pas réussi à renouer, Notre-Dame, la Vierge Sainte, l’accomplissait sous nos yeux éberlués. Et si c’était encore une fois l’intervention surnaturelle de la Mère de Dieu qui redonnait à notre cher et vieux pays l’élan de l’espérance ?

Bien sûr restent l’infinie douleur de voir ces ruines désolées, l’irréparable perte de tant d’œuvres d’art, et l’abattement devant la tâche colossale de la reconstruction. Pourtant en cette Semaine Sainte qui débouche sur la victoire de Pâques, les chrétiens aiment à se redire que de tout mal, Dieu peut faire sortir un bien. De quel relèvement ce désastre est-il la promesse et l’amorce ? Ces pierres dont le Seigneur nous disaient hier encore qu’elles crieraient, ne les entendons-nous pas, encore fumantes, appeler au sursaut et à la foi ?

Père Guillaume de Menthière+

NOTRE DAME DE PARIS

 

 

 

Ce que les contes nous disent HENRI POURRAT

EXTRAIT DU JOURNAL LA FRANCE CATHOLIQUE DU 23 JANVIER 2019

par Jean Domaize

mercredi 23 janvier 2019

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a récemment remis à l’honneur les Fables de La Fontaine. On ignore qu’il est une autre œuvre plus proche de nous, plus facile et d’inépuisable richesse : Le Trésor des Contes, d’Henri Pourrat. à lire et à relire, pour les petits et les grands… En voici quelques clefs.

Il y a un trésor dans notre littérature. Il est peu connu. Et pourtant, très simplement, il s’annonce comme tel : Le Trésor des Contes d’Henri Pourrat. L’édition originale compte 13 tomes chez Gallimard, parus de 1948 à 1962 : trésor de 945 contes. Parce que ce sont des contes, on les croit destinés aux seuls enfants. Fâcheuse méprise : c’est une merveille pour les enfants, mais aussi pour les grands – comme les Fables.

Pour les enfants : c’est une œuvre qui leur apprend à lire et à écrire, qui les enchante et leur fait du bien. Peut-on en citer beaucoup d’autres dans la littérature du XXe siècle ? Pour les grands : le genre du conte a quelque chose de mystérieux. Il est lié à la parole, comme le mythe et la fable. D’elle il tient son origine et sa transmission ; par elle il remonte à la nuit des temps et recèle des secrets originels qui peuvent être des vérités.

On pense d’abord aux contes dits «  de fées  » ou contes merveilleux : des êtres, doués de pouvoirs magiques, transcendent la commune humanité et s’affranchissent des contraintes du réel. Ce genre de contes est rare. Onze seulement chez Perrault, contes du siècle classique, sages et policés. Il y en a beaucoup plus dans Le Trésor : peut-être un quart de l’ensemble. Les autres contes ne sont pas «  merveilleux  », ils touchent terre : contes de villages et de campagne, farces, bons mots, défis, paris, filouteries de foires, contes drôles dans la lignée des fabliaux. Mais aussi crimes des bois et des grands chemins, auberges sanglantes, contes de la peur et de la vengeance. Et rien n’est plus heureux que ce mélange de réel et de merveille, l’un et l’autre se faisant valoir tout à tour.

Ainsi faut-il en user avec Le Trésor des Contes. Il faut en multiplier les lectures. Une lecture, c’est un essai d’interprétation, comme pour un tableau : selon le point de vue, l’œuvre prend un sens nouveau, révèle des richesses cachées.

Le cahier annuel de la Société des amis d’Henri Pourrat (SAHP) vient ainsi de paraître, et il a pour titre Retour aux contes. Sous la responsabilité de Bernard Plessy, qui, dit-il, a appris à lire dans Les contes de la bûcheronne, c’est une excellente introduction à ce Trésor. Un texte éblouissant de Victor-Henry Debidour y montre les pouvoirs de l’homme qui sait conter – comme Homère à l’origine. Annette Lauras, la fille d’Henri Pourrat, raconte aussi la genèse du Trésor, telle qu’elle en fut témoin avec son frère Claude. À la suite de quoi, Bernard Plessy propose une «  lecture  » chrétienne des Contes, inspirée par H. Pourrat lui-même. Dans la Note initiale du premier volume, il semble se contredire. Ces contes, dit-il, ne sont pas tout chrétiens (première rédaction : pas tellement chrétiens). Trois lignes plus loin : «  si chrétiens pourtant  ». Sous une plume aussi maîtrisée que la sienne, que peut bien cacher cette volte-face ?

Les deux premiers chapitres de ce cahier explorent le cadre des contes. D’abord leur relation à l’espace par l’étude des comparaisons – un grand nombre est emprunté à la religion. Puis au temps, par l’étude du calendrier de l’année paysanne – toutes les références sont liturgiques, grandes fêtes et fêtes des saints. C’est une évidence : les contes tournent autour du clocher de la paroisse. Sont-ils chrétiens pour autant ? Non, certes. À l’image de la condition humaine, ils ne sont pas épargnés par le mal. Le troisième chapitre en montre les racines. Racine païenne d’abord : le Destin prive l’homme de toute liberté – c’est une source du tragique grec. La baguette de la fée, fille du Destin, en est l’image : elle jette le sort. Racine chrétienne : le Diable, moins spectaculaire, plus insidieux. C’est un ennemi de l’intérieur, il a investi le cœur de l’homme. Si les contes montrent les racines du mal, ils sont inépuisables sur ses effets. Le quatrième chapitre en décline toutes les manifestations, en remontant aux origines : un charbonnier et sa charbonnière, mis à l’épreuve par le roi, désobéissent comme Adam et Ève, un frère jaloux s’en prend à son frère comme Caïn. Les sept péchés capitaux (ou mortels) étaient le meilleur moyen d’en faire le triste inventaire : ils y sont tous.

«  Car ce monde est un monde de sang  », écrit Pourrat dans la belle his­toire de «  La Dame à la biche  ». Mais dans «  Le petit berger de moutons  », une autre voix répond, et c’est encore la sienne : «  Nous ne sommes pas de ce monde.  » Alors s’ouvre le chapitre de «  La Bonne Nouvelle  ». Dieu a voulu retrouver ses enfants perdus, et il leur a donné le moyen de revenir à Lui. Le Trésor n’est pas un catéchisme, mais cette nouvelle y est bien présente. Le jour où l’on a sonné l’angélus, les fées ont disparu, et maintenant c’est l’ange qui vole par les chemins. Le Destin a perdu son pouvoir ? Mais le Diable a conservé le sien. Alors les contes rappellent, en les mettant en œuvre, que les sacrements (sept comme les péchés capitaux) sont là pour nous délivrer du Mauvais. Voyez l’admirable conte des «  Enfants sans baptême  ».

À l’angélus et aux sacrements s’ajoutent les «  Bonnes Puissances  » du chapitre suivant. Ce sont les saints, ce sont les anges, c’est Notre-Dame. Saints de La Légende dorée, saints de France, saints des campagnes, saints de la Toussaint : c’est une grande partie de l’œuvre de Pourrat. Dans les contes, ils sont chez eux, car ils sont chez nous, de notre race pour parler comme Péguy.

Et au-dessus des saints et des anges, il y a Notre-Dame, avec «  Le clerc Théophile  » ou «  Le Jongleur de Notre-Dame  » (dans le conte il se nomme le Péquelé), ou tout proches de nous avec «  La Mongette  » ou «  La bergère muette  ».

Les contes sont à l’image de ce monde : il y a le mal, il y a le bien, tant de mal pour si peu de bien. L’œuvre d’Henri Pourrat pose ce qu’il appelle «  la grande question  ». Quel est le sens profond de tout ce qui existe ? Il n’est pas philosophe. Ni théologien. Il est homme de vision, qui naît de l’observation de la nature. Il voit qu’en elle tout monte, du minéral au végétal, du végétal à l’animal, de l’animal à l’homme – à l’âme. Que tout remonte : il y a eu la chute, mais la Création est restée fidèle. Elle donne l’exemple : des trois règnes elle se hausse vers le Règne. Et Pourrat voit aussi que l’homme qui suit le mieux cet exemple c’est le paysan, parce qu’il n’a pas rompu avec elle, qu’il la sert dans l’effort et la confiance, et qu’ainsi il monte avec elle.

Une seule citation parmi beaucoup d’autres : «  Car, oui, pour du vrai bon monde de campagne, il n’y a de fierté ni d’aise plus grandes que de tirer de peine qui l’on trouve dans la peine. Être chrétien, c’est cela : rien n’est plus beau sur terre.  » En est-il des signes particuliers dans Le Trésor ? Bernard Plessy en voit deux. D’abord la notion de «  haute chrétienté  » – qui n’est pas nostalgie d’une époque historique plus ou moins mythique, mais l’expression de la vie chrétienne quand elle touche à la perfection. Et les «  grandes mœurs  » qui en sont le fruit, aussi bien chez les petites gens que dans les grands domaines : que l’on songe aux «  Escures d’Anne-Marie Grange  ».

Voilà donc la révélation. Nous cherchions à louvoyer d’un terme à l’autre de l’apparente contradiction. Le secret, c’est de monter de l’un à l’autre. Beaucoup de contes sont loin d’être chrétiens, la plupart ne le sont pas tellement. Quelques-uns le sont pleinement. Élisabeth Leseur dit que toute âme qui s’élève élève le monde. Reprenons son mot : tout conte qui s’élève élève Le Trésor. Les contes sont bien «  un monde de sang  ». Mais il suffit qu’en un seul d’entre eux monte une âme de lumière pour que ce monde s’illumine de grâce.

C’est une lecture. Ainsi résumée, elle est ingrate, car son agrément vient des innombrables exemples qui donnent envie d’aller les retrouver dans les contes d’où ils sont tirés – et de savoir la suite ! Il est d’autres lectures possibles. Les contes sont inépuisables. C’est, dit Pourrat, «  la vie à mille chapitres de tout le vieux peuple d’Occident  ».

 

 

JEAN PHILIPPE RAMEAU ORGANISTE DE LA CATHEDRALE

Dijon a vu naître Rameau et Paris a consacré sa gloire, mais Clermont l’a accueilli à deux reprises comme organiste de la cathédrale

De 1702 à 1706 et de 1717 à 1722, le compositeur séjourna à Clermont, dont Massillon devint l’évêque en 1917. Lionel de la Laurencie le dépeint sous son dais épiscopal présidant aux offices, tandis que du haut de sa tribune, Rameau déployait les fastes de sa musique. Embauché comme maître de chapelle contractuel, Rameau tenait l’orgue durant les offices et les cérémonies, accordait l’instrument et donnait des cours aux enfants de la maîtrise, trois fonctions imposés qu’il portera plus tard à leur niveau le plus haut en développant sa propre création, ses recherches acoustiques et sa réflexion théorique. Sur cette période, une seule anecdote est parvenue jusqu’à nous. Dans son éloge historique à la séance publique de l’Académie de Dijon, le docteur Hugues Maret raconte comment le jeune et bouillant Rameau, lié par contrat au chapitre de la cathédrale, mais désireux de reprendre sa liberté, s’y prit pour obtenir la résiliation de son bail, en 1706.

Le samedi de la Fête Dieu, il joua à peine le matin et fort mal le soir. « Il avait mis tant d’art dans le mélange des jeux et l’assemblage des dissonances les plus tranchantes que les connaisseurs avouèrent que Rameau seul était capable de jouer aussi désagréablement.  » Et Rameau partit, mais il revint quelques années plus tard pour honorer un nouveau contrat, puis il repartit. Cette fois, la gloire l’attendait à Paris. En 1983, Clermont-Ferrand a célébré le tricentenaire de sa naissance en lui consacrant une exposition au musée Bargoin et deux spectacles créés par Musique-Univers (Pygmalion et Dardanus), sous la direction de Jean Louis Jam.

Pour en savoir plus, le lecteur peut consulter « Orphée en Auvergne », édité en 1983, dans la salle Auvergne de la bibliothèque, rue Bardoux.

 

 

EMMANUEL CHABRIER

 

Emmanuel Chabrier naquit à Ambert en 1841. S’il appartient à Ambert par la naissance et l’origine, il n’y vit que quelques années, c’est surtout à Clermont Ferrand qu’il est élevé.Chabrier arrive à Paris en 1857 où il s’inscrit à l’école de droit. Paris est alors le champ ouvert aux ambitions artistiques de Chabrier, là il va s’adonner plus entièrement à sa passion et se mêler ardemment à tous les courants artistiques de son temps. Malgré toutes ses qualités et ses nombreuses amitiés, Chabrier ne peut suivre librement sa vocation musicale ; sur les ordres de son père il doit accepter un emploi au Ministère de l’Intérieur en 1862.. En 1880, il choisit de se consacrer entièrement à la musique.

Chabrier était ami avec beaucoup d’écrivains et de peintres de son temps, tels que Claude Monet, Edouard Manet, Emile Zola ou encore Alphonse Daudet, avec qui il entretenait une grande amitié. Admirateur des peintres impressionnistes, il acheta de nombreuses toiles, dont certaines sont aujourd’hui exposées dans les plus grands musées du monde.

C’est pourtant dans cette période que se placent ses premiers essais de compositions . Les débuts sont difficiles dans la musique dramatique, voie où Chabrier s’engage, aussi doit-il faire de l’opérette. En novembre 1877, on représente de lui aux Bouffes Parisiens, « L’étoile ». En mai 1879, au Cercle de la presse : « L’Education manquée ». En 1882, Chabrier met à profit un séjour de quelques semaines en Espagne pour noter des airs populaires ; le résultat de ce travail est « España » qui, montré et exécuté par le chef d’orchestre Charles Lamoureux en 1883, a un succès foudroyant. La femme de Renoir, ami de Chabrier écrivit : « Un jour, Chabrier vint, et joua España pour moi. Ce fut comme si un ouragan avait été libéré. Il battait et battait encore le clavier. Une foule s’était réunie dans la rue et écoutait, fascinée. Quand Chabrier atteignit les formidables derniers accords, je me jurai à moi-même de ne jamais plus toucher un piano… Il avait d’ailleurs cassé plusieurs cordes, et mis le piano complètement hors d’usage.

Emmanuel Chabrier disait de lui-même : je rythme ma musique avec mes sabots d’Auvergnat.

 Les cinq années de 1880 à 1885 sont pour Chabrier une heureuse période de production. Et en novembre 1884 et novembre 1885, c’est « Gwendoline » opéra lyrique. La première représentation de « Gwendoline » a lieu à Bruxelles le 10 avril 1886 ; son triomphe, proclamé par toutes les critiques, est confirmé par des représentations en Allemagne ; mais c’est seulement en 1893 que Chabrier voit son chef-d’œuvre enfin couronné à l’Opéra de Paris. En 1888, il compose « Joyeuses marche » ainsi que « Suite pastorale » et en 1890 « Ode à la musique » : trois œuvres orchestrales ayant fortement contribué à son succès. Il donne en 1891 la « Bourrée Fantasque ». En France comme en Allemagne, Chabrier est dès lors illustre et beaucoup saluent en lui un des chefs de l’Ecole Moderne En 1886, à l’occasion d’un concours musical, c’est le retour triomphal à Clermont Ferrand puis à Ambert ; on a raconté longtemps, qu’après son départ, « tous les pianos d’Ambert durent être mis en réparation ».

 Il s’éteint le 13 septembre 1894 à l’âge de 53 ans à Paris. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

 A Ambert une statue a été érigée dans le jardin public qui porte son nom.

 

EMMANUEL CHABRIER MONUMENT AMBERT

 

CLOCHER TORS DE SAINT BONNET DE FOUR

 
L’église Saint-Bonnet de Saint-Bonnet de Four – en Bourbonnais , département de l’Allier , région d’Auvergne – date du XIe siècle et possède un portail polylobé. Au XIVe siècle, a été construite , sur le coté droit du transept, une chapelle gothique.

Son clocher très particulier est construit sur une tour carrée, et surmonté d’une flèche octogonale qui est tordue c’est ce que l’on appelle un clocher tors. C’est la curiosité de la commune.

Incendié par la foudre en 1894 le clocher d’origine fût reconstruit avec du bois trop vert qui se vrilla rapidement pour devenir ce qui constitue sa renommée aujourd’hui. En 1978, lors de la réfection de la toiture de l’église, décidée par le conseil municipal, les services des bâtiments de France exigèrent une restauration à l’identique.

Ainsi, la flèche a gardé sa torsion d’un huitième de tour de gauche à droite, accompagnée d’un important dévers. La couverture actuelle est en bardeaux de châtaigner.

L’église de Saint-Bonnet de Four est inscrite depuis 1963 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le clocher d’une église se compose le plus souvent d’une tour carrée en pierre sur laquelle repose une pyramide coiffée d’une flèche. Un clocher tors ou clocher flammé est un clocher où la flèche est en spirale , souvent couverte d’ardoises Il y a environ une centaine de clochers de ce type en Europe dont 65 en France.

Deux hypothèses s’affrontent quant à l’origine de la torsion :

- Les uns sont les clochers construits tors, pour réaliser une prouesse architecturale ,par exemple Notre dame de la Paix à Treignac en Corrèze.

- D’autres le sont devenus au cours du temps, par exemple suite à des tornades.

 

Certains architectes comme Viollet le Duc pensent qu’ils sont devenus hélicoïdaux à la suite d’un mauvais séchage du bois. Il est en effet prouvé que la charpente de certains clochers en vieillissant a bougé.

 

Saint Bonnet de Four se trouve entre Saint Pourçain sur Sioule et Montluçon , à proximité de Montmarault.

 

AUVERGNE REGION 2011 09 11 EGLISESAINT BONNET DE FOUR

 

JEAN D’ARVOR POETE

 Sources : Site ville de Pionsat , La Montagne Centre France, essai de généalogie d’Alain Garric

Le samedi 30 novembre 2013 la ville de Pionsat a profité de inauguration du nouveau quartier République pour baptiser une rue du nom de Jean d’Arvor, grand-père de Patrick Poivre d’Arvor. Lequel est venu accompagné de sa sœur Catherine, de son frère Olivier et de son fils François. Il en a profité pour passer le week-end à Pionsat.

Jean d’Arvor, poète, né à Pionsat (Puy-de-Dôme) le 8 janvier 1883 et décédé à Reims, le 25 février 1970. Jean-Baptiste Pierre Léon Jeuge fut orphelin très tôt et passa les premières années de sa vie à Pionsat. Recueilli ensuite par sa famille, il travailla très tôt en usine  et s’installa à Reims en 1928 pour y créer une affaire de gros. Parallèlement, il développa une grande passion pour l’écriture et commença de proposer des textes dès le début du XXe siècle sous le pseudonyme de Jean d’Arvor. Il produisit ainsi des centaines de poésies dont beaucoup furent couronnées par la plupart des académies de France. Sa suite de sonnets sur la Cathédrale de Reims lui valut la médaille d’argent de l’académie de Montauban et un prix au 22e congrès des Écrivains de France à Reims en 1953

DEUX POÈMES SUR L AUVERGNE DE JEAN D’ARVOR

À MON PAYS ! À MES MONTS !

 

Ô mon pays ! Ô mont d’Auvergne où je suis né

Dômes offrant au ciel vos terrestres mamelles

Et vos pics couronnés de neiges éternelles

Ô combien je vous aime en fils passionné !

 

Magnifiques géants dans  l’espace égrenés

Têtes des sourds volcans aux profondeurs rebelles

Garderez-vous toujours vos fauves étincelles

Votre feu, votre lave, ainsi disciplinés ?

 

Vulcain est-il parti de vos sombres cavernes

Désertant à jamais ses  enclumes arvernes ?

Ô Cantal ! Ô Sancy ! Faits de fer et d’airain…

 

Êtes-vous donc frappés de quelque léthargie ?

Ô puys où le soleil, aux soirs se réfugie,

Où donc s’enfonce-t-il votre cœur souterrain ?

AUVERGNE

Quand le soleil y darde, en bourreau lapidaire,

Ses rayons enflammés sur leurs rochers durcis

On dirait de grands sphinx drapés dans un suaire

De lave calcinée où l’eau creuse des plis.

                               ***

Je verrai le chaos et sa lande rocheuse

De menhirs, de dolmens qui semblent des Titans

Pétrifiés au jour de l’escalade affreuse

De ces géants vaincus par des Dieux plus géants !

                               ***

Et je verrai les bois ! Ces bois sacrés des gaules

Où les arvernes blonds autrefois ont chassé :

Portant le lourd butin sur leurs vastes épaules :

Escaladant les rocs, tout nus, dans l’air glacé.

                               ***

Ah ! Sombres bois des monts, mâles, fiers et sauvages

Vos souches ont puisé le soufre de nos puys

Et vous avez atteint de vos fronts les nuages

Planant sur l’ouragan et dominant ses bruits.

 

 Jean Baptiste Jeuge « Jean d’Arvor »

  • Né le 8 janvier 1883 (lundi) – PIONSAT 63
  • Décédé le 25 février 1970 (mercredi) – REIMS 51 , à l’âge de 87 ans
  • Direction d’un comptoir de la Manufacture nantaise et armoricaine du caoutchouc à Nantes

Poète, écrivait sous le pseudonyme de Jean d’Arvor (Poèmes de gloire et de foi).

Très jeune, il a perdu sa mère et a été embauché dans une entreprise montluçonnaise de travail du cuir. Puis il a travaillé dans un atelier de reliure, ce qui l’a amené au contact des livres et lui a donné le goût de la lecture, puis de l’écriture.

Il est ensuite entré chez Bergougnan à Clermont-Ferrand (caoutchouc), puis a pris la direction d’un comptoir de la Manufacture nantaise et armoricaine du caoutchouc à Nantes. Enfin, il s’est installé à Reims et a fondé une entreprise.

 

 

 

 

 

 

MONTFERRAND LA MAISON DE L’APOTHICAIRE

A Montferrand cet édifice , maison de l’apothicaire  du XVème siècle est situé au carrefour  des rues de la Rodade et des Cordeliers dit carrefour des Taules ( de l’occitan  » taula » , table où le marchand présentait ses produits).
C’est une maison typique des bâtisses à pans de bois comme on les trouvait dans le Nord.  Son enseigne » particulièrement parlante en fait sa renommée.
Elle est formée de deux statuettes : la première, l’apothicaire , clystère en main est en position pour  officier sur l’autre, le malade , qui pantalon baissé lui fait , si l’on peut dire , face  en position pour recevoir la purge.

 MONTFERRAND MAISON DE L APOTHICAIRE

 

ICI COMMENCE L’AUVERGNE , ICI FINIT LA FRANCE – Col de Saint-Thomas

 

Le texte ci-dessous est extrait du site familial « groupement forestier du col de Saint Thomas ».

Il est signé René Barnérias qui faisait partie de la bande à l’origine de cette frontière .Sans doute en était-il même l’un des principaux meneurs avec son frère Maurice dit Nanou.

René , diplômé de l’école d’Horticulture de Versailles , a fait carrière……. dans l’Assurance , en qualité d’Agent général , à Thiers , prenant la succession de son père .

En parallèle Il fit également une carrière politique ; maire de Thiers , Conseiller général ,Conseiller régional , député de la circonscription Thiers-Ambert. .

J’avais partagé des crêpes avec avec lui en février 20111 , au col – versant français – dans sa chaleureuse maison , une huitaine de jours avant sa mort accidentelle en ce même lieu .

Les photographies ont été faites en août 2013 .

 

ICI COMMENCE L’AUVERGNE, ICI FINIT LA FRANCE

 

Frontière Franco Auvergnate ou pas ?
Non, a écrit le compétent historien régional Jean Canard.
Eh bien, il avait raison. Le panneau est devenu célèbre grâce aux médias mais aussi aux touristes qui surenchérissaient à qui mieux mieux quant à l’origine du texte.

Son succès fut tel qu’il fit la joie des collectionneurs qui l’enlevèrent une bonne dizaine de fois. Il a été à chaque fois remis en place.

Son origine date de l’été 1942. C’était l’occupation et si les adultes étaient inquiets, les ados ne l’étaient pas… La preuve…

Une vingtaine d’étudiants de Thiers – parmi eux les 2 frères Maurice (Nanou) et René Barnerias, NdlR – en pique-nique au Col St Thomas trouvèrent un sapin tombé, obstruant en partie la chaussée en terre battue et défoncée par les orages. Le passage ainsi réduit faisait un bornage naturel, d’où l’idée, non préméditée, d’en faire une douane. Il n’y avait plus qu’à signaler celle-ci par une pancarte. Un vieux panneau publicitaire fit l’affaire et un morceau de craie servit à l’inscription – plus tard, ils réalisèrent un panneau plus élaboré : cf photographie, NdlR.

A peine terminée, une camionnette à gazogène montant poussivement du côté Loire fut invitée par les « douaniers » à s’arrêter. Surpris le conducteur ne voulut pas participer au jeu. Visiblement paniqué, il accéléra pour dévaler côté Puy de Dôme. Les gamins médusés par son audace firent alors usage de leur révolvers à bouchons…

Peu de temps après, ils se retrouvèrent à la gendarmerie de Thiers pour de bonnes remontrances (un des gamins était fils d’un gendarme thiernois)…
Leur « victime » avait déclaré : « J’ai été attaqué au Col de St Thomas par des jeunes, sans doute d’un faux maquis. J’ai dû foncer dans la descente au risque d’avoir un accident et j’ai dû zigzaguer pour éviter les balles ».

La pancarte est toujours en place. Elle intrigue les touristes qui se demandent pourquoi cette frontière : ils font les suppositions les plus étranges.

René Barnerias

NdlR : la pancarte actuelle est moins naturelle et spontanée que celles réalisées par les auteurs originels. La citation a par ailleurs été modifiée (ajout du « Forez »).

En août 2013 le panneau en place était un reproduction agrandie de la très diffusée  carte postale de Debaisieux.
On franchit le col quand on va de Roanne à Clermont via Saint Just en Chevalet (Loire) et Chabreloche (Pdd) . On y trouve une construction :  l ‘auberge du refuge située sur la commune d’Arconsat (Pdd) dirigée depuis une cinquantaine d’années par un valdotain ….
Le fameux panneau , lors de l’unique passage du général de Gaulle en ce lieu , avait été enlevé par le service d’ordre.
  

 

 

AUVERGNE REGION 2013 08 17 COL SAINT THOMAS