Les Chroniques

DU PARAPLUIE à LA BLOUSE MÉDICALE

EXTRAIT DE NEWS AUVERGNE . COM

A période exceptionnelle, décision exceptionnelle. Depuis lundi, les ateliers du numéro un des parapluies Made in France, basé à Aurillac (Cantal), ne produisent plus de parapluies mais des blouses médicales lavables à destination des personnels hospitaliers. Une blouse très technique, développée en partenariat avec le centre hospitalier d’Aurillac, dont manque cruellement les agents médicaux dans toute la France.

Au lendemain de l’annonce du confinement, Matthieu Piganiol, à la tête de l’entreprise familiale, avait dû se résoudre à fermer ses ateliers et mettre ses salariés au chômage partiel. Une grande première dans l’histoire des parapluies Piganiol qui existent depuis 1884. « Même pendant la Première et la Seconde guerres mondiales l’activité avait pu se poursuivre. Je ne pouvais pas me résoudre à l’idée de devoir rester chez moi confiné sans pouvoir être utile en cette période de crise », résume le Pdg.
Très vite, la Maison Piganiol contacte une usine de tissus située à proximité et travaille sur des prototypes en collaboration avec l’hôpital. Depuis, un modèle de blouse a été validé par les instances médicales. Une dizaine de salariés (sur vingt) ont donc été rappelés sur la base du volontariat. L’atelier a été réaménagé pour répondre aux exigences sanitaires.

« Cela n’a bien sûr rien à voir avec ce que nous avons l’habitude de faire, mais nous nous sommes adaptés. Nous fabriquons une quinzaine de blouses à l’heure, soit environ 90 par jour », confie Matthieu Piganiol qui espère pouvoir monter en puissance dans les jours à venir.

« J’en appelle aux personnes qui savent piquer et qui pourraient venir nous aider, car les besoins sont énormes », lance le patron cantalien. Dans un deuxième temps, la maison Piganiol espère pouvoir rapidement fabriquer aussi des masques.

Geneviève Colonna d’Istria

 

Tiens ! Tiens !

Le journal de Tournon du 20 janvier 1889

Réforme de l’orthographe.


M. Félix Hément, un savant très authentique,
est dégoûté, lui, des embarras orthographiques
que nous rencontrons pour
écrire la langue française. — Frédéric
Passy, fils, a commencé une campagne
malheureuse, il y a deux ans, pour modifier
notre orthographe ; Félix Hëment me paraît
la continuer, sera-ce avec plus de succès,
il est permis d’en douter.
L’idéal, c’est de supprimer toutes les
attaches latines ou grecques qui encombrent
notre orthographe; et d’écrire les
mots tels qu’on les prononce ; par exemple
, nous écririons filosof comme vous
voyez, et pourço pour désigner le compagnon
de Saint-Antoine.
Paris se demande ce que Félix Hément
vient faire dans cette galère, et, ma foi,
Paris n’a pas tort ; certes, il n’est pas
ennemi de la nouveauté, à n’importe quel
point de vue, mais faut-il encore que celleci
ne soit pas trop baroque.
Ah ! « Messieu Félix Ement, votre gramer
n’ora ocun Filologue com aprobateur,
é vou Forez çianman, cen ésitation, cen
remor, voulu mci.
Grand bien vous fasse, cher savant,
quant à moi, je m’en tiendrai, longtemps
encore à l’orthographe de Racine, de Corneille
et de Voltaire.
Que voulez-vous, l’homme n’est pas
parfait !

Félix Hément était Inspecteur général de l’instruction publique .

Frédéric Passy était économiste et homme politique.

FONTAINE BARTHOLDI ET PORTEURS D EAU

Journal LE SALUT PUBLIC du 28 septembre 1892

LYON ET LE RHONE
La Fontaine Bartholdi

Beaucoup de Lyonnais donnent aujourd’hui
pour but à leur promenade, la place
des Terreaux, pour y voir la fontaine Bartholdi.
Quoique de proportion un peu grande, vue
l’exiguïté delà place des Terreaux, cette
fontaine est d’un bel effet. C’est une oeuvre
d’art dans la bonne acception du mot, et la
ville n’a pas à regretter l’acquisition qu’elle
en a faite dans d’excellentes conditions de prix.
Seulement, cette fontaine n’a qu’un tout
petit tort, elle n’a pas d’eau. La mission
d’une fontaine est cependant d’en avoir ;
mais à Lyon — où, avec un fleuve et une
rivière, on ne devrait pas en manquer — on
est obligé de faire des économies ; et ce n’est
que pendant deux heures par jour qu’on peut
voir la fontaine Bartholdi avec ses cascades,
telle qu’elle doit être en un mot.
Cela nous rappelle une amusante caricature
de Cham. Elle représentait deux porteurs
d’eau — des Auvergnats, naturellement
— debout, avec leurs seaux à la main,
devant la fontaine Molière, rue Richelieu.
— Quéche que ch’était que che mochieu
Molière ? demande le premier.
— On m’a dit que ch’était un homme
d écheprit.
— Allons donc  il n’a pas cheulement
l’ècheprit de nous donner de l’eau.
La fontaine Bartholdi devait nécessairement
inspirer les poètes de notre ville ; seul
Sarrazin, c’est à ne pas y croire, est resté
muet. Un d’eux nous adresse une pièce dont
nous détachons le passage suivant, relatif à
l’inauguration :

Un peuple immense est accouru.
Sans rien savoir, on dit merveille;
Chacun croit avoir reconnu
Le fier Château-d’Eau de Marseille.
Le voile tombe vivement.
L’œuvre apparaît grande,, superbe ;
Mais il lui manque seulement
Les jets d’eau cascadant en gerbe.
Hélas ! c’est en vain qu’on attend
Que de la fontaine jaillisse
Le liquide tout écumant ;
Rien ne sort de chaque orifice.
Allons, les jets d’eau! clame-t-on.
D’un geste imposant le silence :

« Citoyens, leur dit Gailleton,
 Du calme et prenez patience ;
« L’été trop chaud, vous le savez,
« A fond a desséché la Saône ;
« Il n’en reste pas même assez
 Pour les chauds de vin dans le Rhône.
« .l’en ai prévenu Bartholdi ;
« C’est la preuve, mais sans réplique,
 Qu’il nous faut les eaux d’Annecy.
« Vive la République

AUVERGNE DE LYON et presse lyonnaise N°2

Journal LE SALUT PUBLIC du 29 décembre 1892

Une Vaillante

La Société l’Auvergne, de Lyon, tenait dernièrement
son assemblée annuelle au Palais-
du-Commerce, sous la présidence de M,
Eugène Tallon, président de chambre à la
cour d’appel, ancien député du Puy-de-
Dôme. M, le général Raynal de Tissonière,
M. Gravier, secrétaire général pour la police,
et un grand nombre d’autres notabilités
y assistaient.
On nous communique le passage suivant
d’un discours très applaudi prononcé par
M. Durif, avocat à la cour d’appel. Pariant
des dévoûments austères’ qui n’attendent
point ici-bas leur récompensa, l’orateur a
dit :
C’est le cas de quelqu’un de notre pays, dont je ne puis me tenir de signaler la conduite et le dévouaient admirable. Écoutez plutôt :C’était en 1870, il y a par conséquent vingt deux ans (il semble que c’était hier), dans unepetite commune que je connais bien, par là-bas,du côté d’Issoire, une mère, une veuve, avait deux fils. L’aîné, un enfant de 19 ans à peine,était parti comme volontaire dans fos rangs de l’armée de la Loire.A Coulmiers, à Marchenoir, Orléans, à Salbris, partout il combattit vaillamment.Atteint grièvement à la jambe par un obus,on dut le transporter à l’ambulance. L’opérationfut pratiquée au-dessous du genou. Mal faite elle dut être recommencée un peu plus haut. Le mal fut tel que le pauvre garçon succomba. Sa mère, accourue en toute hâte, ne put que recevoir son dernier soupir. Le corps de son fils luifut rendu ; elle le ramena et l’ensevelit auprèsdes siens. Après quoi, elle dit à l’enfant qui lui restait : « Ton frère est mort pour une noble« cause, il n’a fait que son devoir. Maintenant,« à toi de faire le tien. » L’enfant comprit, et à son tour il partit. Lui ne mourut pas, mais il se battit bien, si j’en crois ce petit bout de ruban jaune liséré de vert, qui orne sa boutonnière, car la médaille qu’il parte, on ne la donne qu’aux simples soldats qui l’ont gagnée sur les champs de bataille, comme elle est la récompense suprême des généraux qui ont commandé devant l’ennemi.

Sa mère, aujourd’hui retirée à Lyon, est venue ensevelir, dans une maison hospitalière de no treville, son deuil et ses regrets. Mais vous, qui habitez par delà les ponts du Rhône, là-bas, loin dans le faubourg, s’il vous arrive jamais de rencontrer dans le grenier du pauvre, ou au chevet de ceux qui soupirent, une petite femme, qui n’est plus jeune, toute vêtue de noir, vous pouvez saluer cette bonne Française, car elle est de notre pays; seulement, ne lui dites pas que je vous ai raconté son histoire, sœur Marie, qui a cependant l’âme bonne, ne me le pardonnerait jamais.

 

AUVERGNE DE LYON et presse lyonnaise N° 3

LE SALUT PUBLIC du 25 juillet 1893

La banquet de 1′ « Auvergne ». —Hier,
à cinq heures, a eu lieu au restaurant Gagnaire,
«ours Vitton, le banquet annuel de la Société fraternelle
l’Auvergne.
M. Tullon, qu’une longue maladie a empêché
de présider le banquet, était remplacé par M.
Durif, avocat, vice-président.
Au dessert, dans un discours plein de charme,
M. Durif a parlé des beautés de l’Auvergne, des
qualités des Auvergnats et rappelé le nom de
quelques Auvergnats célèbres.
Le banquet s’est terminé par des chansons dites
par M. Rose, dont le talent n’a d’égal que la
complaisance, et, par plusieurs assistants, et
aussitôt après le café, on a — c’était inévitable,
— attaqué la Bourrin, la danse nationale de l’Auvergne.
Enfin, on a bien ri, on a bien dansé, on s’est
bien amusé, fouchtra !
Et vivo les Auvergnats !

LE SALUT PUBLIC du 1er janvier 1894

L’Auvergne. — L’Association amicale l’Auvergne
a tenu son assemblée générale annuelle
au Palais de la Bourse.
Cinq cents sociétaires environ assistaient â
cette réunion présidée par M. Eugène Tallon,
président de chambre à la cour de Lyon. Au bureau
nous remarquons MM. Manhès et Durif, avocats,
vioe-pré8idents de la Société, MM. Bos, contrôleur
des contributions directes, Martial Paufique,
Florand, Boyer, architecte, Mégemond,
Cornet, etc.
Après une allocution très sympathiquement
accueillie du président et un rapport fort applaudi
de M. Bos, trésorier de la Société, il a été procédé
à une distribution de livrets de caisse d’épargne
et de livres d’école au profit des enfants,
des sociétaires ; soixante d’entre eux ont bénéficié
de ces encouragements

LE SALUT PUBLIC du 21 février 1894

Société philanthropique 1′« Auvergne.»
— ‘ Dimanche prochain, 2u février, la Société
l’« Auvergne », donnera son grand concert-spectacle
de bienfaisance dans la salle de la Scala,
avec le concours de nombreux artistes de talent.
On y entendra deux charmantes comédies, la
Grammaire, de Labiche et le Supplice d’un Auvergnat,
de Gondinot, jouées par l’excellente troupe
du théâtre des Célestins.

LE SALUT PUBLIC du 9 juillet 1900

FÊTE DE « L AUVERGNE »
La Société « l’Auvergne » qui comprend les
originaires du Puy de-Dôme, Cantal, Creuse
et Haute-Loire donnait hier son banquet annuel.
La fête était présidée par M. Tallon, président
de chambre à la cour d’appel, qui a prononcé
une charmante allocution.
Le poète lyonnais Jean Sarrazin a dit ensuite
un sonnet dédié & M. Tallon:

L’Auvergne est nn joyau sans rival de la France ;
Pour la production un pays précieux :
Son peuple, doux et  fort, de son sol orgueilleux,
A le fertiliser met sa persévérance.
Par ses guerriers la Gaule a vu sa délivrance,
César par eux trouvait ses sites périlleux…
Ses savants ont montré ses trésors merveilleux ;
Ses poètes, ses mœurs, sa gloire et sa puissance.
Ce bon peuple a toujours pour devise : Union.
Votre société, si puissante à Lyon,
Laisse voir en vos cœurs la fraternité sainte.
Rudes dans vos labeurs, souples dans vos ébats,
si Vercingétorix entrait dans cette enceinte,
Il croirait voir on vous ses valeureux soldats.


La féte s’est terminée par des danses d’Auvergne
au son de la vielle et de la musette.

Jean Joseph Sarrazin, né à Prapic , commune d’Orcières (hautes Alpes )  le 6 octobre 1833 et mort à Lyon le 30 avril 1914 , est un poète  français.

Il fut un personnage marquant de la poésie haut-alpine et lyonnaise du 19ème siècle . Né dans les Hautes Alpes , il s’établit à Lyon dans le commerce de détail d’olives qu’il vendait concomitamment à ses recueils de poésie. Cette pratique inhabituelle lui valut le surnom de « poète aux olives ».

 

VIADUC DE GARABIT et presse ancienne.

Extrait du journal de l’Ain du 2 octobre 1882

LE PONT DE GARABIT (Cantal) sera une des merveilles des temps modernes.


Il n’aura pas de rival en Europe, car le pont jeté sur le Douro, en Portugal a 5 mè-tresjde moins d’ouverture et n’a que 75 mètres de hauteur, — tandis qu’à Garabit nous en avons 124.
Reliant deux montagnes séparées par un abîme où coule une rivière torrentueuse, le viaduc de Garabit a une longueur totale de 564 mètres. La partie métallique mesure 449 mètres.
Quanta la grande arche centrale qui est la partie la plus curieuse de cette construction, eue a — retenez bien ce chiffre — 165 mètres d ouverture.
Du sol de la rivière au rail, elle mesure, chiffre incroyable, – 124 mètres. Cette hauteur de 124 mètres permettrait aux tours de Notre-Dame de passer sous le pont de Garabit avec la colonne Vendôme placée au-dessus en guise de paratonnerre.
Combien dépensera-t-on pour la construction de ce fameux viaduc ?
Le devis estimatif porte trois millions de francs. La maçonnerie n’est pas moindre de 17.000 mètres cubes et le poids du fer s’élève à trois millions de kilogrammes.Pour aller de St-Flour à Garabit les voitures mettent environ 2 heures.
Garabit est situé dans la commune de Lou-baresse, canton de Ruines, à l’endroit ou le chemin de fer de Marvejols à Neussargues traverse la Truyère.

JOURNAL  LE SALUT PUBLIC DU 31 MAI 1880

CANTAL. — Le viaduc de Garabit.

On écrit de Saint-Flour, 28 mai :

Hier, a eu lieu l’ouverture officielle de la lignede Saint-Chely-d’Apcher à Saint-Flour, via Garabit.
Contrairement à ce qui avait été annoncé, la cérémonie d’ouverture a été très-sommaire et s’est bornée au   passage sur la section en question d’un train conduisant deux agents supérieurs de la Compagnie du Midi, MM. Arnaud,inspecteur de l’exploitation, et André, inspecteur principal.La Compagnie et l’administration se réservent,assure-t-on, pour l’inauguration de la ligne de Saint-Flour à Neussargues, qui doit avoir lieu très prochainement et à l’occasion de laquelle on donnera de grandes fêtes. Mais la population intéressée n’a pas voulu laisser passer la journée d’hier sans manifester sa curiosité et sa joie.Le temps, du reste, était admirablement beau, et la chaleur tempérée par le voisinage du Pic du Cantal, la plus haute des montagnes d’Auvergne,encore toute ouverte de neige. Aussi,dès l’après-midi, une foule considérable, venant
tant du côté de Saint-Chély-d’Apcher que d» côté de Saint-Flour, s’est dirigée vers le fameux viaduc de Garabit, qui était réellement la grande attraction te la journée et qui se trouve entre ces deux points.
Beaucoup de ces curieux sont montés dans le train pour juger de l’impression que l’on éprouve
à voyager ainsi à cent-vingt-quatre mmètres au-dessus du sol, et avec une vitesse de cinquante
kilomètres à l’heure. Cette impression n’offre d ‘ailleurs rien de particulier, si ce n’est que les objets du fond de la vallée . paraissent au voyageur singulièrement rapetissés, et que les gensne semblent pas plus grands que dos habitants de Lilliput, mais, par exemple, il n’a aucune conscience des trépidations du pont, et c’est bienà tort que certains s’imaginent le contraire.Beaucoup se sont installés dans la vallée de Garabit pour juger de l’effet produit par le passage du train sur le viaduc. Mais pour ceux-là aussi l’impression a été la même. Les objets vus de bas en haut, ont paru très-réduits dans leurs proportions. En somme, ‘la fête d’hier, quoique manquant un peu de panache, a été très-gaie etelle marquera pour ce pays, la date, non-seulement
d’un événement historique, mais même d’une journée réellement agréable et instructive dont des milliers de personnes garderont longtemps le souvenir.Le viaduc de Garabit, dont l’admirable exécutionest due à Monsieur Eiffel, sera certainement une des curiosités qui attireront les touristes dans notre département.

AUVERGNE LYON 2014 08 07 GARABIT SAINT FLOUR

 

AUVERGNE DE LYON et presse lyonnaise N° 1

Le quotidien Le Salut Public suivi de son titre complet Journal de Lyon. Politique, commercial et littéraire, a été fondé le 13 mars 1848 par le journaliste Charles-Désiré Bigot , des commerçants et des ouvriers républicains regroupés sous une société en nom collectif. Il se voulait un défenseur de « l’ordre dans la liberté », en référence à la révolution de février 1848 . Il était d’abord installé au 18 place de la Charité puis au 71 rue Molière, à Lyon . Il disparaît à la Libération. (source ;  Wilkipedia)

Ce journal a , au fil du temps , donné un certain nombre d’informations concernant notre association qui lui a survécu………

SALUT PUBLIC  du 14 MARS 1890

L’Auvergne. Les membres de la Société

l’Auvergne, association philanthropique

d’union amicale, de patronage et d’assis

tance, siège social, 6, rue de l’Hôpital, à

Lyon,’sont invités à souscrire pour eux,

leurs familles et leurs amis, au spectacle de

bienfaisance qui sera donné au profit de la

Société, dans la salle du Casino-des-Arts

rue de la République, 79, le dimanche 16

mars 1890, à deux heures de l’après-midi.

Prix des places. — Fauteuils ou chaises

numérotées, 5fr.; loges à quatre places, 15

fr.; loges à cinq places, 18 fr.; loges à huit

places, 25 fr.; première galerie ou pourtour,

2 fr.; deuxième galerie ou pourtour, 1 fr.

Les cartes d’entrées sont en vente à l’Agence

V. Fournier, 14, rue Confort

 

SALUT PUBLIC DU 3 février 1891

Les Concerts d’hier


Deux concerts très réussis ont été donnés dimanche
: l’un au Grand-Théâtre par l’Harmonie
lyonnaise, l’autre au Casino par la société « l’Auvergne.
»
Salle comble partout et succès également incontesté.
Dans la première de ces fêtes, la Philharmonique
du VI arrondissement, directeur M. Poulet,
prêtait à l’Harmonie son gracieux concours.
On a fait une véritable ovation aux artistes de
notre première scène. Le duo de Mireille, chanté
par M. Massart et Mmo Verheyden, un autre duo
par Mmcs Dauriae et Doux, deux airs chantés par
M. Noté, l’Hymne à l’Amour, par M. Tricot et une
fantaisie pour hautbois exécutée par M. Fargues,
ont été tout particulièrement l’objet des applaudissements
du public.
On n’a pas non plus ménagé les bravos à l’Harmonie,
qui a fait entendre, avec un exquis sentiment
des nuances, un chœur de Rillè, pas plus
qu’à la Philharmonique, dont les exécutants ont
vaillamment enlevé une ouverture de Wettge et
une polka pour piston.

Quant à la Société de secours entre enfants de
l’Auvergne, elle avait obtenu le concours de l’Harmonie
du 5e arrondissement pour la partie instrumentale,
et les morceaux exécutés ont donné lieu
à des applaudissements chaleureux. La partie vocale
était remplie par divers artistes et amateurs,
parmi lesquels nous devons tout spécialement signaler
Mrac Crozet, qui a chanté plusieurs morceaux
avec talent, et Mme Desehamps-Nixaw, dont
la voix chaude et le style excellent ont interprété
à merveille l’air de Paul et Virginie, dans
lequel on a retrouvé les bonnes traditions de M.
Holtzem, son professeur.
Deux saynètes, dont le Misanthrope et l’Auvergnat,
ont permis aux artistes des Célestins de se
tailler un beau succès dans un programme déjà
très nourri.

 

SALUT PUBLIC du 2 juin 1891

La Fête de 1′ « Auvergne »


La Société « Auvergne », association
philanthropique d’union amicale, de patronage
et d’assistance entre compatriotes des
départements du Puy-de-Dôme, du Cantal,
de la Haute-Loire et de la Creuse donnait,
hier, au Palais-d’Eté, à Monplaisir, son troisième
banquet annuel.
M.Tallon,avocat général, présidait, ayant
à ses côtés MM. J.-B. Poncet, président de la
Société des Beaux-Arts de Lyon ; Boyer,
Clair, Debiton, Teyssèdre, Paufique, Renoua,
Brenas, Bos,etc. Plus de deux cents
convives assistaient à ce banquet fratèrnel.
Des toasts ont été portés par M. Tallon,
qui a constaté que la Société comptait, il y à
trois ans, vingt-deux membres et en compte
aujourd’hui plus de huit cents, et bu à l’Auvergne
; MM. Debiton et Renoud ont; adressé
leurs félicitations aux organisateurs.
Au sortir du banquet, les convives ont
dansé la bourrée traditionnelle aux sons de
la musette, puis on s’est rendu dans les jardins
pour assister au départ d’un ballon lumineux,
portant : Aux Enfants de l’Auvergne.
 » Cette très agréable soirée s’est terminée
par un concert improvisé.

SALUT PUBLIC  du 22 janvier 1892

L’Auvergne â Lyon


Paris compte aujourd’hui d’innombrables
sociétés philanthropiques ou littéraires qui
groupent tous les originaires d’une même
province et les réunissent une ou plusieurs
fois par année en un dîner fraternel. La
province et les pays de |langue d’oc sont re
présentés par la Félibrige, la Cigale, et la
Sartan, la Normandie est représentée par la
Pomme, la Bretagne a le dîner celtique, etc.
Nous voyons avec plaisir se fonder à Lyon,
peu à peu des sociétés semblables,notamment
les Savoyards, Franc-Comtois, Dauphinois,
Auvergnats. La colonie auvergnate de Lyon,
notamment, est maintenant fortement organisée.
Elle a fondée unè Société : l’Auvergne,
qui marche fort bien; elle donne des banquets
et des fêtes; enfin elle à son journal,
l’Auvergnat de Lyon.
l’Auvergnat de Lyon ne paraît que mensuellement;
mais il espère grandir et devenir
rapidement hebdomadaire comme son
frère aîné, l’Auvergnat de Paris. C’est, du
reste, le succès de Y Auvergnat dé Paris qui
a donné à la colonie auvergnate de Lyon la
pensée d’avoir, elle aussi, son organe.

DRAPEAU AUVERGNE à la basilique de Fourvière

L’AUVERGNE à FOURVIÈRE

AUVERGNE LYON 2016 10 15 FOURVIERE -DRAPEAU

EUGENE TALLON – AUVERGNE DE LYON

Voici quelques informations sur le fondateur de la société L’AUVERGNE DE lYON .

Charles , Genest , Eugène TALLON ,  est le  philantrope distingué dont il est question à la« une » du premier numéro de l’Auvergnat de Lyon à la rubrique « notre programme ». (voir ci dessous  )

Fondateur et premier président de la société « l’Auvergne de Lyon » , Eugène Tallon est né le 21 mars 1836 à Riom. Il était le fils d’Annet tallon , avocat principalement d’Assises , qui abandonna sa charge lorsqu’il fût élu maire de Riom.

IL se fit inscrire au barreau de Paris où il avait été reçu avocat, fut secrétaire de M. Victor Lefranc de 1857 à 1861, et revint comme avocat dans sa ville natale.

Il a épousé le 12 janvier 1865 Jenny Gabrielle de Peyramont fille d’un conseiller à la Cour de Cassation et sénateur de la Haute-Vienne .

Elu, le 8 février 1871, représentant du Puy-de-Dôme à l’Assemblée nationale, le 7e sur 11, par 47 185 voix (96 000 votants, 170 401 inscrits), il siégea au centre droit, parmi les orléanistes, fut secrétaire de la 2e commission des Trente, prit part à la discussion :
- sur la loi municipale,
- sur les impôts nouveaux,
- sur l’enregistrement.

Il déposa des rapports sur les travaux publics, sur le droit de pétition, sur l’organisation de l’Assistance publique, sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures, fut membre et secrétaire de la réunion Saint-Marc-Girardin, membre de la réunion Féray, signa (24 mai 1873) l’amendement Target qui mit Thiers en minorité, et, en février 1875, dans la discussion des lois constitutionnelles, proposa, sans succès, de former un Sénat de trois cents membres, dont un tiers élu par les conseils généraux, un tiers nommé par l’Assemblée, et un tiers désigné par le président de la République parmi les membres des corps électifs, de l’Institut, et les hauts fonctionnaires.

l a publié plusieurs documents notamment sur Cinq Mars et les origines de la presse sous Richelieu ainsi que des brochures sur la propriété littéraire.

Battu en 1876 il se retire de la vie publique , est radié du barreau et entre dans la magistrature comme avocat général à la Cour d’Appel de Lyon .

En 1878 il prononce le discours à l’audience de rentrée de cette Cour : «  les anciennes corporations et métiers d’art à Lyon ».

En 1890 il se fait asseoir et devient président de chambre  .

Comme l’indique le dictionnaire des Parlementaires français « il ne se désintéressait pas de sa petite patrie auvergnate puisqu’il représenta au Conseil général du Puy de dôme le canton de Manzat de 1871 à 1881 et de 1889 (année de création de la société l’Auvergne de Lyon )  à 1898

Il était chevalier de la légion d’honneur et officier de l’instruction publique

Il est décédé à Lyon le 24 novembre 1902 , sans doute à son domicile 2 rue Laurencin . Il avait perdu son épouse quelques années auparavant. Ses obsèques ont été célébrées à Lyon . Il a été inhumé au cimetière de Riom.

(Sources diverses : notamment  Bibliothèque Municipale de Riom , Dictionnaire des parlementaires ,archives dptales et mpales Rhône et Lyon)

 

AUVERGNAT DE LYON JOURNAL NUMERO UN

JEAN D’ARVOR POETE

 Sources : Site ville de Pionsat , La Montagne Centre France, essai de généalogie d’Alain Garric

Jean-Baptiste Pierre Léon Jeuge est né à Pionsat  le 8 janvier 1883 et décédé à Reims le 25 février 1970 . Il fut orphelin très tôt et passa les premières années de sa vie à Pionsat dans sa petite ville  natale. Recueilli ensuite par sa famille, il travailla très tôt en usine , dans une entreprise montluçonnaise de travail du cuir  puis dans un atelier de reliure ce qui l’a amené au contact des livres et lui a donné le goût de la lecture puis de l’écriture. Il est ensuite entré chez Bergougnan à Clermont puis a pris la direction d’un comptoir de la manufacture
nantaise et armoricaine du caoutchouc à Nantes. Il s’est installé à Reims en 1928 pour y créer une affaire de gros. Parallèlement, il développa une grande passion pour l’écriture et commença de proposer des textes dès le début du XXe siècle sous le pseudonyme de Jean d’Arvor. Il produisit ainsi des centaines de poésies ( poèmes de gloire et de foi ) dont beaucoup furent couronnées par la plupart des académies de France. Sa suite de sonnets sur la Cathédrale de Reims lui valut la médaille d’argent de l’académie de Montauban et un prix au 22e congrès des Écrivains de France à Reims en 1953.
Dans certains de ses poèmes , il exprime son attachement à l’Auvergne et aux Combrailles. Certains textes comme les bœufs décrivent des scènes de la campagne piosatoise.Tout au long de sa vie , il garda le souvenir vivace de ses jeunes années à  Pionsat qu’il ne manquait pas de visiter lors de ses passages en Auvergne. Ses plus beaux poèmes sur l’Auvergne ont été recueillis par son petit-fils , le journaliste Patrick Poivre d’Arvor  dans un recueil intitulé « l’appel ardent de Jean d’Arvor ».

DEUX POÈMES SUR L AUVERGNE DE JEAN D’ARVOR

À MON PAYS ! À MES MONTS !

 

Ô mon pays ! Ô mont d’Auvergne où je suis né

Dômes offrant au ciel vos terrestres mamelles

Et vos pics couronnés de neiges éternelles

Ô combien je vous aime en fils passionné !

 

Magnifiques géants dans  l’espace égrenés

Têtes des sourds volcans aux profondeurs rebelles

Garderez-vous toujours vos fauves étincelles

Votre feu, votre lave, ainsi disciplinés ?

 

Vulcain est-il parti de vos sombres cavernes

Désertant à jamais ses  enclumes arvernes ?

Ô Cantal ! Ô Sancy ! Faits de fer et d’airain…

 

Êtes-vous donc frappés de quelque léthargie ?

Ô puys où le soleil, aux soirs se réfugie,

Où donc s’enfonce-t-il votre cœur souterrain ?

AUVERGNE

Quand le soleil y darde, en bourreau lapidaire,

Ses rayons enflammés sur leurs rochers durcis

On dirait de grands sphinx drapés dans un suaire

De lave calcinée où l’eau creuse des plis.

                               ***

Je verrai le chaos et sa lande rocheuse

De menhirs, de dolmens qui semblent des Titans

Pétrifiés au jour de l’escalade affreuse

De ces géants vaincus par des Dieux plus géants !

                               ***

Et je verrai les bois ! Ces bois sacrés des gaules

Où les arvernes blonds autrefois ont chassé :

Portant le lourd butin sur leurs vastes épaules :

Escaladant les rocs, tout nus, dans l’air glacé.

                               ***

Ah ! Sombres bois des monts, mâles, fiers et sauvages

Vos souches ont puisé le soufre de nos puys

Et vous avez atteint de vos fronts les nuages

Planant sur l’ouragan et dominant ses bruits.

 

Le samedi 30 novembre 2013 la ville de Pionsat a profité de l’inauguration du nouveau quartier République pour baptiser une rue du nom de Jean d’Arvor, en présence  de Patrick Poivre d’Arvor  accompagné de sa sœur Catherine, de son frère Olivier et de son fils François.